DEBAT DE L'ASSEMBLEE GENERALE SUR LE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE: DECLARATION DE S.E. TOMMO MONTHE

Vendredi, 19 Octobre 2018




Madame la Présidente

En m’associant aux Déclarations du G77+Chine et du Groupe Africain, je voudrais tout d’abord féliciter le Secrétaire Général pour son Rapport ‘’progrès de la mise en œuvre et l’appui international du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique’’.


Dans ce Rapport, le SG présente l’ensemble des activités déployées aussi bien par les pays africains, leurs partenaires au développement, tout comme le système des Nations Unies.


S’il y a lieu de se féliciter de toutes ces contributions et de remercier les partenaires bilatéraux et multilatéraux de l’Afrique pour leurs efforts appréciables, il reste que ces efforts en matière de coordination, de finalisation de projets et de mobilisations de ressources n’ont pas toujours produit les résultats escomptés.


Nous devons donc à l’avenir redoubler d’efforts dans un certain nombre de domaines clés ; c’est pourquoi nous souscrivons à la recommandation du Secrétaire Général mettant en relief une vision appropriée pour le progrès durable de l’Afrique, avec un accent sur les axes suivants :

* la croissance économique durable et inclusive basée sur l’industrie, le commerce et l’intégration régionale ;

* le développement des infrastructures ;

* la valorisation du capital humain, par la santé, la science, la technologie et l’innovation ;

* le développement social, le travail, la création d’emplois, la protection sociale, les migrations et mobilité ;

* les femmes, l’égalité des sexes et l’autonomisation des jeunes ;

* les questions humanitaires et la gestion des risques liés aux catastrophes ;

* l’environnement, l’urbanisation et la population ;

* plaidoyer, information, communication et culture.


Ayant fait sienne cette orientation stratégique, et en dépit d’une conjoncture défavorable, le Gouvernement de mon pays, à travers son Document Stratégique pour la Croissance et l’Emploi, continue de créer des conditions favorables à la réalisation de chacun de ces points. Un accent est mis sur l’entrepreneuriat et la transformation du secteur informel qui sont des niches permettant l’autonomisation des femmes et des jeunes en vue de leur pleine intégration dans la société. Une Banque des Petites et Moyennes Entreprises a été créée. Il en est de même pour ce qui est de l’utilisation efficace des ressources intérieures à travers des emprunts obligataires mobilisant l’épargne intérieure pour le financement de projets porteurs de croissance. Un code et un cadre incitatifs des investissements, favorables à un climat d’affaires transparent, stable et prévisible, sont mis en place en vue d’attirer l’investissement direct étranger, entendu comme une des pierres angulaires d’une croissance économique forte, durable et inclusive. La carte sanitaire du Cameroun s’est considérablement renforcée et la transition vers une couverture sanitaire universelle est en très bonne voie.


Au cours des dernières années, et conformément à la Déclaration de Malabo sur la sécurité nutritionnelle pour une croissance économique inclusive et un développement durable en Afrique, le Gouvernement camerounais est engagé à atteindre l’objectif de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Ma délégation est toutefois dans le regret de relever que cet objectif est gravement mis en péril par la désertification, la sécheresse, le terrorisme de la secte Boko Haram, et l’instabilité dans la sous-région qui impose une gestion de réfugiés socialement et économiquement lourde.


S’agissant de l’approche multilatérale et globale pour relever les défis communs, je voudrais relever ici que le Cameroun participe activement à la promotion et à la consolidation du commerce et de l’intégration régionale à travers de nombreuses instances comme la CEMAC, la CEEAC, la Commission du Bassin du Niger, la Commission du Bassin du Lac Tchad etc. il adhère à l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui vise à accroitre les échanges commerciaux en Afrique.


Il participe à la mise en œuvre de nombreuses infrastructures locales et régionales visant à renforcer l’intégration régionale et l’intégration à l’échelle du continent. Un projet très avancé de construction d’un chemin de fer devant relier la capitale tchadienne aux ports de Douala et de Kribi ; toutes choses devant accroitre les échanges avec les pays de la sous région. De nombreuses infrastructures routières opérationnelles ou en voie de l’être, et reliant la capitale camerounaise aux capitales ou métropoles des pays voisins, viendront considérablement dynamiser cette intégration sous régionale.


Monsieur le Président

Le Cameroun est préoccupé par l’alourdissement de la charge de la dette africaine et par la tendance baissière de l’Aide Publique au Développement. Dans ce contexte, nous pourrions difficilement mettre en œuvre les Objectifs de Développement Durable en Afrique.

Mon pays voudrait donc inviter la communauté internationale à renforcer les capacités du NEPAD, et à respecter des règles justes et équitables pour un meilleur accès des pays africains au commerce international, et également aux technologies nécessaires au développement durable.


Nous ne le soulignerons jamais assez, la prévention, la gestion et le règlement des conflits, ainsi que la consolidation après les conflits, sont déterminants pour la réalisation des objectifs du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique. Attaquons-nous donc aux sources des conflits en Afrique, et permettons à la Commission de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations Unies d’accompagner résolument les pays d’Afrique qui sortent d’un conflit. Des ressources conséquentes devraient être mises à la disposition du Secrétaire Général à cet effet.


Mesdames Messieurs,

16 ans déjà que l’Afrique a présenté au monde le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Avec enthousiasme, la communauté internationale a adopté ce nouveau partenariat. C’est sur cette base que notre continent a bâti le nouveau programme de développement de notre continent à l’horizon 2063, entériné par cette Assemblée avec ses programmes des 10 premières années.


Il est donc clair que l’Afrique sait ce qu’elle veut, qu’elle sait où elle va, et que nous savons ce qu’il faut.


Nous en appelons donc au respect des engagements pris par toutes les parties.


Les Nations Unies quant à elles doivent renforcer la coordination de leurs organismes chargés de la mise en œuvre de leur contribution à ce programme. Elles doivent renforcer les capacités du Bureau du Conseiller Spécial pour l’Afrique, ainsi que celles de la Commission Economique pour l’Afrique et de ses structures sous régionales qui jouent un important rôle de coordination, de planification et de programmation ainsi que de mobilisation des ressources et de l’opinion internationale en faveur de l'Afrique.


Je vous remercie.

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