DISCOURS DES A3+1 SUR LA SITUATION EN AFRIQUE DE L'OUEST ET LE SAHEL


Déclaration de l’Ambassadeur Abdou ABARRY,

Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies


Au nom de l'A3 et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines

sur la situation en Afrique de l'Ouest et le Sahel


8 juillet 2021


M. le Président,


Au nom des A3+1, à savoir le Kenya, les Saint-Vincent-et-les-Grenadines, la Tunisie et le Niger, je voudrais souhaiter la bienvenue à M. Mahamat Saleh Annadif, dans son nouveau rôle de Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, et le remercier pour la qualité de sa présentation.


Nous avons également suivi avec attention la présentation de Mme Chantal Ayemou, Présidente du Réseau ivoirien de défense des droits des enfants et des femmes (RIDDEF).


Nous réitérons notre soutien aux efforts de stabilisation et de bons offices que le Représentant spécial du Secrétaire général continue de déployer dans la sous-région, dans le respect de la souveraineté nationale, et de la responsabilité première des États en matière de paix et de sécurité.


Nous nous félicitons également de l'approche régionale adoptée sur la question du lien entre le climat et la sécurité, notamment par le lancement du groupe de travail régional sur le changement climatique, l'environnement, la sécurité et le développement en Afrique de l'Ouest. Nous pensons que cela contribuera à promouvoir des solutions intégrées et harmonisées aux risques liés au changement climatique. Cette thématique qui enregistre de plus en plus de soutien, est suivie avec beaucoup d’engagement par le Niger et l’Irlande, que je remercie très sincèrement.


En ce début du second semestre 2021, le rapport sous examen appelle de notre part les observations clés suivantes :


Sur le plan de la sécurité, il faut saluer les progrès remarquables réalisés dans la poursuite de l'opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel, qui a également été renforcée par un mécanisme de suivi et d'analyse des incidents civils (CITAC/MISAD). Il est important qu’un soutien prévisible et durable soit apporté à cette Force pour qu'elle puisse continuer à remplir, avec efficacité, son mandat, indispensable pour maintenir la paix et la sécurité dans la région, qui constituent un bien public mondial.


Malgré les efforts nationaux, régionaux et internationaux jusque-là déployés pour combattre le terrorisme, il est regrettable de constater une détérioration de la situation sécuritaire dans l’espace.


De même, cette situation sécuritaire, conjuguée à l’impact de la pandémie de la COVID19 exposent les pays de la région à une situation socio-économiques particulièrement difficile.


Pour les A3+1, il est dès lors nécessaire d’évaluer les besoins en vue de répondre aux différentes menaces de même qu’il est nécessaire de rationaliser et d’harmoniser les stratégies tant sur le plan sécuritaire, qu’à celui du développement.


Le soutien de l'UNOWAS est, à cet égard crucial. Il est tout aussi nécessaire de renforcer les partenariats régionaux et sous-régionaux pour faire face aux menaces transfrontalières et transversales, à la paix et à la sécurité.


Dans le même ordre d’idées, le plan d'action 2020-2024 de la CEDEAO pour l'éradication du terrorisme devrait être davantage soutenu, en termes de financement.


En ce qui concerne le phénomène du trafic de drogue, il faut reconnaître d'emblée que la région ouest africaine n'est ni productrice ni consommatrice de ces drogues. Elle est simplement victime de sa fragilité en matière de sécurité et de contrôle des frontières, ce qui en fait une zone de transit. Par conséquent, tant que les régions d'origine et de destination finale, n'assumeront pas correctement leurs responsabilités pour prévenir la production et trouver une solution durable à la consommation croissante des drogues, les efforts des Nations Unies et des pays d'Afrique de l'Ouest resteront vains.


À cet égard, nous saluons les efforts significatifs de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans le cadre du renforcement des capacités des structures nationales et sous-régionales, en charge de la prévention et de la lutte contre ces activités illicites.


M. le Président,


Sur le plan humanitaire, les effets du COVID 19 et l'insécurité alimentaire, les niveaux élevés de déplacement et les effets néfastes du changement climatique, qui ont augmenté à un rythme inquiétant, appellent des actions de solidarité urgentes pour la région. Toutefois, si les vaccins ont progressivement commencé à atteindre la région, la lenteur de ce processus et les quantités limitées reçues, de même que les réticences de certaines populations à se faire administrer le vaccin, suscitent de vives inquiétudes.

Nous tenons ici à souligner que la livraison des vaccins en temps opportun est d’une urgente nécessité. Nous devons, en effet, nous assurer que l'accès juste et équitable aux vaccins contre la COVID-19, reste une priorité.


En outre, les A3+1 soulignent la nécessité d'accroître les contributions au Plan de réponse humanitaire pour le Sahel, qui, à la mi-juin, n'avait reçu que 16 % des 2,7 milliards de dollars, nécessaires à sa mise en œuvre.


La prise en compte de la dimension genre dans le travail de l'UNOWAS et les efforts visant à accroître la participation pleine et entière des femmes aux processus politiques et de sécurité sont cruciaux et devraient être davantage encouragés.


Nous sommes également d’avis, qu’une meilleure coordination et une mise en œuvre accélérée de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel et du plan d'appui des Nations unies pour le Sahel (UNSPS) soient assurées, de même qu’une harmonisation des actions avec le Programme d'Investissement Prioritaire du G5 Sahel (PIP-G5 Sahel).


S’agissant de la question des personnes déplacées internes et des réfugiés, autre défi auquel la région est confrontée, nous saluons notamment les efforts des autorités nigériennes tendant à créer les conditions idoines et durables, pour leur retour effectif dans leurs foyers, dans l'est du pays d'ici décembre 2021, sur fonds propre.