PAIX ET SECURITE EN AFRIQUE, AVEC UN ACCENT SUR LA CENTRALITE DE LA DIPLOMATIE PREVENTIVE


Mission permanente d'observation de l'Union africaine auprès des Nations Unies


S.E L’Ambassadrice Fatima K. Mohammed


ALLOCUTION À LA RÉUNION DU CSNU SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE AXÉE SUR LA CENTRALITÉ DE LA DIPLOMATIE PRÉVENTIVE


Lundi 7 octobre 2019


New York




Excellence Amb. Jerry Matjila, Président du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre,

Excellences, membres du Conseil de sécurité,

Excellences, Mesdames et Messieurs,


Je voudrais commencer par remercier la République sud-africaine, Présidente du Conseil de sécurité pour octobre 2019, d'avoir inscrit à l'ordre du jour du Conseil de sécurité cette question importante relative à la paix et la sécurité en Afrique, avec un accent sur la centralité de la diplomatie préventive et la prévention des conflits.

Je tiens également à remercier tous les intervenants pour leur exposé éclairant, en particulier sur le rôle des femmes en matière de diplomatie préventive et sur la manière dont nous pouvons tirer parti des différentes plates-formes et initiatives pour promouvoir un meilleur engagement.


Monsieur le Président,


Les menaces contemporaines à la paix et à la sécurité sur notre continent posées par le terrorisme, l'extrémisme violent, la radicalisation et les crimes transnationaux organisés ainsi que par les graves conséquences du changement climatique sont si complexes et interconnectées, et ont des conséquences si larges qu'aucune organisation ne peut, à elle seule, fournir de solutions appropriées. En conséquence, l'ampleur et la complexité des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui nécessitent de mobiliser des efforts collectifs de toutes les parties prenantes. Dans ce contexte, la centralité de la diplomatie préventive en tant qu’instrument de rétablissement de la paix devient indispensable dans nos efforts de paix.


Le débat d’aujourd’hui est donc d’autant plus pertinent que la diplomatie préventive et la prévention des conflits restent une priorité stratégique pour nous tous. Elles illustrent parfaitement la raison d'être du multilatéralisme et des différentes organisations qui en découlent. Et au moment où la crédibilité de notre Organisation est mise en doute, ce débat pourrait servir de base à notre engagement collectif de consacrer une plus grande attention à l’outil de prévention qui reste, de loin, le efficace sur le long terme, mais malheureusement, celui bénéficiant du moins de ressources.


Dans cet esprit, permettez-moi de souligner les 3 points suivants:


Premièrement,


Compte tenu de son avantage comparatif évident dans ce domaine, l’Union africaine a adopté au cours des dernières décennies plusieurs instruments, mécanismes et documents de politique générale afin de renforcer ses capacités de prévention. Par conséquent, l’Afrique est bien équipée au sein de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et de l’architecture de la gouvernance africaine (AGA) en tant que modèle double visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité.


L'APSA repose sur un continuum allant de l'anticipation à la prévention de la gestion des conflits et à la résolution des conflits; stabilisation, reconstruction et développement post-conflit. Comme vous le savez, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA est le centre névralgique de l'architecture africaine de paix et de sécurité. Depuis sa mise en service en 2004, le CPS de l'UA a parcouru un terrain considérable et a fait des progrès considérables dans le traitement et la résolution des conflits sur le continent.


Un autre pilier de l'APSA est le Groupe des sages, qui est au cœur de la diplomatie préventive de l'UA. Le Groupe des Sages, depuis sa mise en service en 2007, a largement contribué à renforcer la diplomatie préventive en Afrique. De ce dispositive découlent un certain nombre de plates-formes de soutien et de plates-formes auxiliaires, parmi lesquelles PanWise, qui est une plate-forme regroupant des panels de l'UA et des CER / MR impliqués dans la diplomatie préventive.


Dans le cadre du renforcement de la diplomatie préventive, je voudrais également souligner que la Commission de l'UA a maintenant une unité de soutien à la médiation opérationnelle pour institutionnaliser et fournir un soutien prévisible et durable à tous les efforts de médiation dirigés par l'UA. En outre, les efforts de l’Union africaine en faveur du rétablissement de la paix et de la diplomatie préventive sont également défendus par les Envoyés spéciaux, Représentants spéciaux, Haut Représentants ainsi que 13 bureaux / missions de liaison sur le continent.


Bien que des progrès aient été accomplis en étroite coordination avec les organisations sous-régionales et avec le ferme soutien des Nations Unies, nous devons reconnaître qu'un certain nombre de défis continuent de nuire à notre capacité à remplir efficacement notre mandat, notamment la possibilité d’obtenir des points d’entrée appropriés dans des situations tendues susceptibles de dégénérer en conflits violents.


Deuxièmement,


Sur l'importance des partenariats stratégiques.


En effet, la collaboration entre l’Union africaine et les CER / MR et l’ONU, prévue dans divers cadres, pour traiter et résoudre les conflits, a progressivement pris de l’élan, comme le préconisent les dispositions de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et l’Architecture de gouvernance africaine (AGA).


Le cadre conjoint ONU-UA pour un partenariat renforcé pour la paix et la sécurité signé en avril 2017 repose sur la reconnaissance croissante du fait qu'un partenariat renforcé entre l'UA et l'ONU est une nécessité stratégique dans le processus de réaction rapide, cohérente et décisive visant à prévenir et à gérer conflits en Afrique.